Motion d’actualité du Conseil fédéral de novembre 2023

Palestine 

Face au massacre en cours à Gaza, SUD éducation réaffirme son exigence d’un cessez-le-feu immédiat et l’application du droit international, contre la colonisation et pour l’auto-détermination du peuple palestinien, condition indispensable pour qu’une paix juste et durable soit possible. SUD éducation tient à exprimer sa profonde horreur des massacres commis par le Hamas le 7 octobre comme ceux commis par l’armée israélienne d’occupation dans la bande de Gaza depuis le 8 octobre. Il s’agit d’un nouvel épisode sanglant perpétré par l’État colonial israélien dans cette guerre d’occupation qui dure depuis 75 ans. L’Etat israélien continue d’étendre sa colonisation des territoires occupés, multiplie les exactions en Cisjordanie, et opprime la population palestinienne en violation du droit international. Toutes les vies comptent et nous refusons toutes les exploitations racistes – antisémites comme islamophobes – de ces massacres. Nous nous alarmons de la libération de la parole raciste dans les médias et dans l’ensemble de la société et nous apportons notre soutien à toutes celles et tous ceux qui subissent ce racisme décomplexé. Nous dénonçons aussi la couverture médiatique partiale de ce conflit dans les médias grand public, relayant très largement la propagande du gouvernement israélien. Nous refusons la criminalisation de toute forme de soutien à la population de Gaza qu’elle vienne du gouvernement, de la droite ou de l’extrême droite. SUD éducation revendique le droit à manifester son soutien au peuple palestinien et défend la liberté d'expression des élèves et étudiant-es qui pourraient vouloir exprimer leur solidarité avec la population de Gaza sans être pour autant suspecté.es de soutenir le Hamas, ainsi que des personnels notamment de l’ESR sur lesquelles des pressions, y compris de la hiérarchie ont été exercées.

Éducation et ESR

SUD éducation tient à présenter ses plus sincères condoléances aux proches de Dominique Bernard, à sa famille, ses ami·es, ses collègues, ses élèves. Nous apportons tout notre soutien aux collègues blessés ainsi qu’à celles et ceux traumatisé·es dont certain·es ne sont toujours pas en mesure de reprendre le travail ou ont démissionné. Nous portons, à SUD éducation, le projet d’une école émancipatrice, rempart à tous les obscurantismes. Pourtant, le système éducatif déjà trop inégalitaire et acteur majeur de la reproduction sociale est soumis à des attaques brutales et répétées de la part du gouvernement, à l’instar de tous les autres services publics.

Au lieu de créer les postes nécessaires dans toutes les catégories professionnelles de notre secteur, le ministre Attal multiplie les annonces au mieux vaines, au pire réactionnaires. Le budget 2024 pour l’éducation, par ailleurs toujours favorable au privé, est très insuffisant au regard des besoins : les dotations horaires arrivant dans les académies dès janvier 2024 seront très insuffisantes et obligeront les équipes à se mobiliser. Les salaires sont toujours très insuffisants, et le Pacte ne répond en rien aux besoins des personnels, et renforce les inégalités, notamment femmes-hommes.

La montée en puissance du service national universel (SNU), organisé sur temps scolaire, est encore un coup porté aux heures dévolues aux apprentissages, déjà mis à mal par la réforme Blanquer du bac. En renforçant les dispositifs SNU et classes de défense au sein de l’Éducation nationale, le gouvernement poursuit son entreprise de resserrement du lien armée-jeunesse. Il cherche à remplacer le service militaire et à garantir l’attractivité des métiers de l’armée, en visant particulièrement les élèves issu·es de zones défavorisées. SUD éducation s’oppose au pré-recrutement militaire dans l’Éducation nationale et exige l’abandon des partenariats entre le ministère de l’Éducation nationale et l’Armée. C’est une militarisation et un renforcement de la soumission qui éloignent encore plus l’école d’un projet émancipateur.

Par ailleurs, la lutte contre le harcèlement à l’école mérite mieux qu’un questionnaire mal construit et déconnecté du terrain. Pour faire reculer le harcèlement scolaire, SUD éducation revendique la création de postes dans la médecine scolaire et d'assistant.es sociales, la création de tous les postes nécessaires pour réduire les effectifs par classe et renforcer les vies scolaires. La lutte contre le harcèlement nécessite également la mise en place de vraies formations à l’identification et la prise en charge des situations de harcèlement dans les écoles et les établissements scolaires, et ce sur le temps de travail. Le modèle d’école capitaliste, fondé sur la compétition, l’élitisme et la sélection, participe d’une culture du harcèlement que nous combattons

Le lancement de la mission “exigence des savoirs” est au mieux une opération de communication menée au pas de charge au mépris des organisations syndicales, au pire une nouvelle opération de propagande au service d’une vision réactionnaire de l’école par le biais des prétendus “savoirs fondamentaux”. Pendant ce temps, toutes les revendications des personnels restent en souffrance : augmentation des salaires, un véritable statut pour les AESH et les AED, création de tous les postes nécessaires dès les DHG transmises en début d’année civile. Il est urgent de les satisfaire, et SUD éducation soutiendra toutes les revendications allant en ce sens.

En maintenant leur « réforme » contre l’avis de tous les personnels, le ministre et le président Macron poursuivent l’œuvre de destruction des LP. Alors que la réforme Blanquer du bac général a été révisée, le gouvernement s’obstine à imposer une augmentation du temps des stages, réduisant significativement le nombre d’heures de cours et désorganisant l’année de terminale Bac Pro. Rappelons que les maigres indemnités distribuées aux élèves sont prélevées sur de l’argent public. La révision de la carte des formations, qui est censée aboutir à la fermeture de 100% des formations « non insérantes » à la rentrée 2026, va conduire à des suppressions de postes et des reconversions forcées. Contre ce démantèlement, SUD éducation appelle à construire la grève le mardi 12 décembre.

Dans l’ESR, la rentrée a été marquée par les provocations de Macron sur les formations non rentables et les déclarations de la ministre sur la rigueur budgétaire. Ce gouvernement persiste dans sa casse du service public tout en laissant le privé se développer. C’est bien de recrutements massifs dont a besoin l’ESR pour permettre aux étudiant·es de se former dans les filières de leur choix et aux personnels de travailler dans des conditions de travail qui ne dégradent pas leur santé.

A la rentrée, les enseignant·es du second degré affecté·es dans le supérieur (ESAS) ont construit un mouvement de mobilisation inédit qui a mis sur le devant de la scène les inégalités salariales, les sous effectifs à tous les étages et la relégation des IUT mais aussi d’autres filières (STAPS) dans le grand marché de l’ESR. Pour SUD éducation, cette mobilisation rejoint celle plus générale pour l’augmentation des salaires mais aussi l’intégration des primes inégalitaires au salaire brut.

La situation des vacataires qui ne sont toujours pas payé·es mensuellement et qui restent rémunéré·es sous le SMIC horaire et qui se sont mobilisé·es en fin d’année dernière reste d’une actualité brûlante en cette rentrée. SUD éducation a soutenu et continue de lutter, dans les établissements comme au niveau ministériel, pour la satisfaction de leurs revendications.

Enfin, à l’occasion des bilans ministériels sur la Santé Sécurité et les Conditions de Travail et des Accidents et Maladie Professionnelle, il est clair que les ministères de l’Éducation nationale et de l’ESR et les établissements ne mettent absolument rien en œuvre pour la prévention et pour garantir l’obligation de santé de ses employé.es.

De la maternelle à l’université, l'amiante, hautement cancérogène, est présente dans une grande partie de nos établissements scolaires. Sa dangerosité augmente avec la dégradation des matériaux. Il y a là un enjeu de santé publique majeur dont notre organisation syndicale a décidé de s'emparer. C’est pourquoi SUD éducation lance une campagne nationale pour lutter contre l’amiante en milieu scolaire et universitaire, notamment par l’obtention des DTA (dossiers technique amiante), revendiquer leur mise en conformité et surtout obtenir le retrait complet de l’amiante de tous les bâtiments.

Casser les thermomètres pour masquer la chaleur : voilà la politique de ce gouvernement.

Salaires, postes, contre-réformes, les raisons de se mobiliser ne manquent pas. Pour SUD éducation, il s’agit dès à présent de :

  • multiplier les mobilisations locales en faveur des moyens suffisants, et ce dès la réception des dotations horaires
  • construire une mobilisation en faveur d’une école réellement inclusive par une politique de moyens, de formation et de création de postes statutaires suffisants - et non une mobilisation prétendant défendre les droits des personnels en remettant en cause l’inclusion scolaire
  • construire dans un cadre intersyndical une grève massive du secteur de l’éducation à l’hiver 2024, articulée autour des revendications de salaires, de moyens et d’abandon des contre-réformes
  • porter fortement les revendications salariales et statutaires au niveau de la Fonction publique, en participant massivement aux actions proposées par l’intersyndicale FP
  • enfin, les JO seront l’occasion d’un moyen de pression important, ainsi que l’avaient déjà exprimé·es les manifestant·es au printemps : “pas de retraite, pas de JO”.

Pour obtenir satisfaction sur nos revendications, les journées de grève isolées ne suffiront pas : il faut hausser le rapport de force, ancrer la mobilisation dans la durée, multiplier les assemblées générales.

Luttes sociales 

Les droits de l’enfant sont au cœur de notre vision du système éducatif. L’école inclusive, faute de moyens, reste un vœu pieu. Les enfants à la rue sont toujours plus nombreux, malgré l’action de nos nombreux.ses camarades au sein des collectifs luttant contre cette injustice effroyable. Les expulsions de familles sans-papier, dans le contexte notamment de la loi Immigration voulue par Darmanin, se multiplient. Les inégalités face à l’éducation sont toujours plus criantes, faute notamment d’un investissement réel dans l’éducation prioritaire. Ces dernières années, la scolarisation des élèves allophones a été très insatisfaisante du fait notamment du manque de places en UPE2A, de postes UPE2A non pourvus, de délais d'évaluation et d'affectation des élèves démesurément longs. SUD éducation sera toujours aux côtés de celles et ceux qui se mobilisent au quotidien pour faire respecter les droits des enfants, et en particulier un accès égal à une éducation émancipatrice.

Enfin, SUD éducation exprime sa solidarité envers les camarades sanctionné·es ou menacé·es de sanctions, notamment quand les écoles restent ouvertes le soir pour que les enfants et leur famille dorment à l’abri, envers celles et ceux mis·es en garde-à-vue, convoqué·es au tribunal sous des motifs fallacieux. La répression se multiplie, nous ne nous laisserons pas intimider !

Les menaces de l’extrême-droite sont en forte augmentation. Dans notre secteur, les collectifs “parents vigilants”, faux-nez de Reconquête !, ont remporté un certain nombre de sièges aux élections de parents d’élèves. Les menaces sur les équipes éducatives se multiplient. Dans la rue, les démonstrations des milices d’extrême-droite, manifestations violentes, expéditions violentes contre des personnes racisées dans les quartiers populaires, se multiplient de manière extrêmement préoccupante. La banalisation du discours raciste dans les médias et parmi les responsables politiques, du gouvernement à l’extrême-droite, en sont la cause directe.

Le 25 novembre, comme toute l’année, SUD éducation s’est mobilisée contre les violences sexistes et sexuelles, lutte centrale pour notre syndicalisme. Dans notre secteur, les moyens sont très insuffisants pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, malgré la mise en place des cellules dédiées. Celles-ci sont une avancée dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes au travail. Certains points devront être améliorés dans l’accueil et le suivi des collègues. SUD éducation se montrera particulièrement attentive au déploiement du dispositif sur l’ensemble du territoire.