Nombreuses manifestations contre la société autoritaire et l’Etat policier

par Yannis Youlountas
mardi 16 mars 2021
par  Sud Educ Bourgogne

Thessalonique, samedi 13 mars 2021.

Samedi et dimanche, un peu partout en Grèce, un puissant mouvement de protestation est descendu dans la rue.

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Anarchistes, révolutionnaires, gauchistes de tous les courants, babs, écolos, militants multicartes, mais aussi personnes peu politisées qui en ont simplement marre, dont certaines ont évoqué le mouvement des Gilets Jaunes en France : les rues grecques ont vu défiler pas mal de monde, hier et samedi. Par contre, il y a eu moins d’occupations de places que prévu, mais ce n’est qu’un début. Pour le moment, le mouvement grandit, dans beaucoup de quartiers d’Athènes et dans d’autres villes de Grèce : Patras, Thessalonique, Héraklion, etc.
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Le plus intéressant, c’est qu’on n’évoque pas seulement l’exploitation, comme d’habitude, c’est-à-dire les revendications salariales, les conditions de travail, le chômage, la sécurité sociale, les retraites réduites d’années en années, le labyrinthe bureaucratique des étudiants, le calvaire des migrants... On parle aussi et surtout domination, pouvoir, autorité, police, État, gouvernement. Autrement dit, on pose le problème en amont de ses conséquences sociales et économiques. En effet, n’est-ce pas nous qui avons bâti l’immense prison dans laquelle nous sommes enfermés ? N’est-ce pas nous qui sommes nos propres geôliers ? N’est-ce pas nous qui fabriquons tour à tour les tyrans qui nous oppriment, au sein d’un régime politique qui n’a de démocratique que le nom ?
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Depuis des années, de plus en plus de gens prennent conscience, en Grèce comme en France, que nous ne règlerons pas nos problèmes sans remonter à la source. Et cette racine du mal, ce fléau premier, ce poison dans le fruit, c’est le pouvoir. Le pouvoir qui s’installe par la séduction ou par la force. Le pouvoir qui, ensuite, s’exerce de plus en plus violemment sur les lâches et les trouillards que nous sommes à nous laisser gouverner par quelques mafieux qui ne sont pourtant pas plus grands que nous, qui vont au petit coin de la même manière, qui n’ont vraiment rien d’extraordinaire, mais qui se servent méticuleusement de l’État pour se protéger de notre colère et pour nous imposer les lois liberticides et inégalitaires qu’ils écrivent dans leur intérêt et celui de leurs complices.
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Ici, c’est Mitsotakis. Là, c’est Macron. Ailleurs, un autre. Mais, au bout du compte, même s’il y a quelques différences, même si Mitsotakis est pire que Tsipras, même si Le Pen sera probablement pire que Macron, le problème reste entier. Il est donc urgent de descendre dans la rue pour remettre en question le pouvoir lui-même : celui qui s’exerce sur nous, chaque jour, de façon de plus en plus autoritaire et qui nous contrôle, à coup de lois d’exception, de façon de plus en plus totalitaire. Il est temps de réapprendre à dire non : pas seulement à un président ou à un premier ministre, mais à tous les voleurs de vies qui, ces derniers mois, ont continué à franchir de nouveaux paliers inquiétants dans la domination qu’ils exercent sur nous, partout dans le monde.
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Voilà la question de fond qu’il devient urgent d’examiner, alors que nous commençons à apercevoir le bout du tunnel. Surtout, pour rien au monde, ne retombons pas dans notre train-train d’avant la pandémie, tête basse et dos voûté. Saisissons l’occasion de poser enfin le problème, forts de cet expérience.
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Car, au fond de nous, nous le savons bien : nous ne voulons pas une augmentation de salaire de 50 euros, ni une heure de moins de travail hebdomadaire, ni 5% de remboursement en plus à la sécu, ni quelques points de retraites, ni une amélioration des conditions de vie étudiantes, ni même une autre façon d’accueillir les pauvres gens venus d’ailleurs. Non, ce que nous voulons purement et simplement, c’est choisir nous-même la vie que nous désirons et nous organiser autrement pour mieux harmoniser nos désirs et l’entraide qui est le ciment de la société.
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Alors, n’attendons plus, disons-le carrément, sans détour ni périphrase, sans y ajouter d’autres doléances superflues et, surtout, sans attendre : nous voulons prendre nos vies en mains.
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Yannis Youlountas


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