CONTRE-REFORME « BLANQUER » : LES COLLEGUES DE MATHS DISENT NON !

LES CONTRE-REFORMES « BLANQUER » DESORGANISENT NOS METIERS DESORGANISONS LEUR SYSTEME
mardi 25 juin 2019
par  Sud Educ Bourgogne

Ce lundi 24 juin, les professeur·es de mathématiques de l’agglomération dijonnaise ont voté, comme leurs collègues de philosophie et d’histoire-géographie avant eux, de la rétention des notes du bac pour tenter de faire entendre leur opposition à la Réforme du bac et du lycée.

Lundi 24 juin avait lieu la commission d’harmonisation avant la correction des copies du bac S. En outre, certains collègues pratiqueront la rétention des notes jusqu’à ce que de véritables négociations s’ouvrent sur cette réforme qui fait l’unanimité contre elle.

La motion suivante a été lue et votée par une large majorité des collègues présents, en présence du proviseur du lycée Charles De Gaulle et de l’inspectrice.

Communiqué de la commission d’entente de maths

Nous, professeurs de maths de l’Académie de Dijon, non syndiqués et syndiqués, nous sommes réunis en AG avant la commission d’entente du baccalauréat 2019, le lundi 24 juin 2019 à 14h.
Nous sommes opposés à la loi sur l’école de la confiance, et à la réforme du lycée et du baccalauréat pour plusieurs raisons :
En ce qui concerne la loi sur l’école de la confiance
L’article 1 impose un devoir d’exemplarité qui réduit la liberté d’expression des enseignants.
En ce qui concerne la réforme du lycée

Elle est l’outil qui prolonge et renforce la logique de sélection de Parcoursup : il s’agit de faire entrer les élèves dans la contrainte de places réduites, inégalement réparties dans les établissements selon leur implantation, et non de leur donner réellement la possibilité de choisir leur parcours.
Si le bac passe à 40% en contrôle continu, sa valeur variera avec la réputation du lycée où il est passé ; ce qui aura un impact sur les poursuites d’études.
La réforme réduit le nombre d’heures et de postes : disciplines inégalement implantées et parfois mutualisées ; « classes » éclatées ; groupes prévus de base à 35, allègements et dédoublements soumis aux choix locaux et non garantis.
La Réforme entraîne des suppressions de postes en développant les cours par visio-conférence et par le CNED.
En ce qui concerne les mathématiques
Le ministre Jean-Michel Blanquer répète que les fondamentaux pour la formation des professeurs des écoles sont le français et les mathématiques. Le rapport Mathiot préconisait un enseignement obligatoire des maths jusqu’à la fin de l’année de 1re, et la mission Villani-Torossian demandait « un module de réconciliation » accessible à tous. Aujourd’hui, nous ne voyons pas comment ces recommandations ont été prises en compte : le tronc commun de la voie générale exclut les mathématiques en tant que discipline autonome. C’est inacceptable !
L’« enseignement scientifique » ne compensera pas le trou dans la formation même si certaines notions seront évoquées (mais pas enseignées) par nos collègues de SVT et de physique et la part des mathématiques y est très réduite. Les contraintes matérielles d’organisation conduisent à une marginalisation des interventions des professeurs de mathématiques. On risque ainsi de cantonner les mathématiques à leur rôle de calcul et de techniques répétitives, alors qu’il s’agit de les rendre opérantes et appréciables. Les mathématiques ne sont pas réductibles à un langage formel, auxiliaire de la pratique scientifique et réservé à une élite !

Les élèves de première générale n’ont qu’une possibilité pour apprendre des mathématiques : celui d’une spécialité qui sera la même pour toutes et tous. Or le programme de cet enseignement est conçu pour des élèves désirant une formation scientifique approfondie. En effet, il est enrichi par rapport à l’actuelle première S, voie pourtant dédiée à la formation des futurs scientifiques, alors que l’horaire hebdomadaire de 4 heures est inchangé. Pour les élèves souhaitant continuer à se former en mathématiques sans pour autant en faire le cœur de leurs études, par exemple celles et ceux qui s’orientent préférentiellement vers les sciences économiques et sociales et les sciences humaines, il n’y a pas d’alternative. C’est donc du tout ou rien : soit on s’engage dans une spécialisation en mathématiques, soit on n’en fait plus du tout.

Cette situation pose des problèmes aux élèves et remet en cause la qualité de leur formation :

Un choix d’orientation difficile pour beaucoup d’élèves de seconde ;
Les contraintes structurelles (horaires, effectifs, programme) et une grande hétérogénéité des projets et aspirations des élèves, freineront l’efficacité de cet enseignement puisqu’il devra à la fois remplir le rôle de spécialisation et de formation plus générale de toutes et tous ;
L’attachement quasi exclusif de l’enseignement des mathématiques aux sciences dites « dures »
Les mathématiques, qui permettent de décrypter et de mieux appréhender notre société, qui sont nécessaires pour réussir de nombreuses formations dans le supérieur, et qui ouvrent la porte à de nombreux métiers passionnants, ne doivent pas rester l’apanage d’une élite.
Nous revendiquons :
L’abrogation de la réforme du lycée ;
Le maintien d’un baccalauréat national premier grade universitaire, passé dans des épreuves communes, nationales, terminales, ponctuelles et anonymes ;
Le retour à des dédoublements obligatoires et garantis nationalement dans toutes les séries dès que la division dépasse les 25 élèves.
Le retour des maths dans le tronc commun, afin de donner aux élèves un minimum de culture mathématique et les outils pour leur poursuite d’étude : statistiques, modélisation, utilisation des outils informatiques ...
Les enseignants de mathématiques réunis en commission d’entente.


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