DIMITRIS KOUFONTINAS ARRETE SA GREVE DE LA FAIM

samedi 25 mai 2019
par  Sud Educ Bourgogne

Suite à l’article paru le 10 mai sur notre site, des nouvelles du célèbre prisonnier grec et des actions menées en sa faveur dans tout le pays avec les informations de Yannis Youlountas.

La Cour Suprême revient sur le véto qui frappait le prisonnier :

DIMITRIS KOUFONTINAS ARRÊTE SA GRÈVE DE LA FAIM ! VICTOIRE POUR LES ANARCHISTES ET LESVOLUTIONNAIRES EN GRÈCE ! ✌✊🏴

Dimitris Koufontinas était en grève de la faim depuis le 2 mai. En 21 jours, il avait perdu plus de 20 kg : un kilo par jour. À 61 ans, affaibli par 17 ans de prison, son état s’était très vite dégradé. Il venait de rentrer en soins intensifs, il y a 5 jours. Son dernier bilan de santé était alarmant.

Sur le fond de l’affaire, le pouvoir en pleine période électorale avait brutalement décidé de suspendre les permissions de sortie surveillées de 48 heures qui permettaient à Dimitris de voir son fils Hector. Pourquoi ? Sous couvert de petits jeux juridiques, le but était de remplacer le débat politique sur la tragédie sociale par un illusoire débat sur la sécurité intérieure, à grand renfort de couverture médiatique. Comme toujours, l’insécurité civile est l’arbre qui cache la forêt de l’insécurité sociale et qui permet de détourner le légitime désir de liberté et d’égalité au moyen d’une peur qui ne devrait concerner que la classe possédante. L’autre motif de ce véto était, bien sûr, de faire plaisir à l’oncle Sam qui demandait à nouveau, par l’intermédiaire de son ambassadeur, la plus grande sévérité contre l’ancien artificier du groupe 17 novembre, l’organisation communiste révolutionnaire qui visait autrefois la domination politique et militaire des services secrets états-uniens en Grèce.

Ce qui s’est passé durant 21 jours en Grèce est exemplaire. Le mouvement social a fait preuve d’une immense solidarité avec le prisonnier, épaulant sa grève de la faim de toutes les façons possibles jusqu’à faire céder le pouvoir.

Une fois de plus, rangeant au placard leurs désaccords théoriques et vieilles querelles, les anarchistes et autres révolutionnaires ont fait la preuve de leur énorme puissance de frappe partout en Grèce.

Les alertes de toutes sortes se sont multipliées d’heure en heure durant 21 jours. Le gouvernement Tsipras et son parti Syriza ont bien sûr été visés (Athènes centre, Petroupoli, Peristeri, Ioannina, Thessalonique…), mais aussi le principal parti d’opposition (la droite Nouvelle Démocratie) dont plusieurs bureaux ont été incendiés ou dévastés. Le parlement tout entier a également été attaqué (par Rouvikonas qui a ridiculisé les services de sécurité). Plusieurs commissariats de police ont essuyé des pluies de cocktails Molotov et de petites bonbonnes de gaz (notamment celui de Kesariani et celui du flanc est d’Exarcheia). La résidence de l’ambassadeur des États-Unis a été attaquée (également par Rouvikonas). Les berlines de luxe de plusieurs hommes politiques ont été détruites (notamment la grosse Audi du député de droite Notis Mitarakis sur l’avenue Syggrou à Athènes). La voiture de Mina Karamitrou(une des journalistes mainstream les plus virulentes contre Koufontinas) a été retrouvée complètement carbonisée en bas de son domicile. Plusieurs lieux de pouvoir ont été occupés, notamment la mairie de Thessalonique avec tracts, tags et banderole. Le plateau de la radio d’État ERT3 a été envahi et un communiqué de soutien y a été diffusé. Des dizaines de kiosques électoraux de divers partis et de candidats ont été détruits (notamment celui de Giorgos Patoulis à Athènes, mais aussi à Héraklion et à Réthymnon). Plusieurs meetings électoraux ont été sabotés ou gênés à Athènes et Thessalonique, par exemple celui de Vangelis Meïmarakis, candidat de la droite aux élections européennes. De nombreuses banderoles de soutien se sont multipliées en Grèce, ainsi que des tags et graffitis, un peu partout, y compris sur des bus (lignes A2, 040 et 550 à Athènes). Les manifestations et rassemblements se sont renforcés au fil des jours, souvent suivis d’affrontements (la plupart à l’ouest d’Exarcheia, dans le centre d’Athènes, et autour de l’université Aristote de Thessalonique). Des dizaines de banques et magasins de luxe ont été saccagés, notamment dans les rues les plus bourgeoises du centre-ville d’Athènes : Louis Vuitton, vêtements de luxe, bijouteries, banques de toutes tailles, distributeurs de billets, par des groupes rapides de 30 à 50 militant.es cagoulé.es…

Durant trois semaines, la police grecque a été en intervention jour et nuit. Les sirènes ont sonné presque continuellement dans la capitale. Les services de renseignement et certains journalistes évoquaient un risque de durcissement qui commençaient à se dessiner. Plusieurs groupes révolutionnaires de Thessalonique et d’Athènes promettaient « un déluge de feu et une attaque physique du pouvoir » en cas de décès du prisonnier en grève de la faim.

Finalement, le pouvoir a cédé hier, par l’intermédiaire de la décision de la Cour Suprême de revenir sur le véto qui frappait le prisonnier. Dimitris Koufontinas a ensuite stoppé sa grève de la faim et a transmis un message de remerciements à l’immense mouvement de solidarité par l’intermédiaire de son fils Hector (Dimitris, très diminué, n’étant plus en capacité d’écrire).

La décision juridique qui va bientôt être prise sur injonction de la Cour Suprême devrait mettre un terme aux vétos intempestifs subis par les prisonniers sous des prétextes divers. C’est une victoire de plus, non pas seulement pour un homme, mais pour toutes nos sœurs et nos frères de luttes enfermé.es vivant.es derrière des barreaux.

Solidarité avec les prisonniers victimes de la répression, en Grèce, en France et ailleurs. Les murs les plus hauts et les plus épais ne les feront pas oublier. Soutien à leurs luttes qui sont aussi les nôtres.

Yannis Youlountas


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