Allo, le rectorat ? J’ai une histoire à vous raconter...

mardi 3 juillet 2018
par  Sud Educ Bourgogne

Comme à chaque fin d’année scolaire, le temps des incertitudes revient pour les AESH (accompagnant d’élève en situation de handicap), les enfants concernés et leurs parents. Alors que le gouvernement se targue sur toutes les ondes d’avoir entrepris un « vaste chantier de rénovation de l’accompagnement des élèves en situation de handicap », l’incertitude et la précarité demeurent la norme pour tous. Tous les AESH sont dans l’attente d’une réponse quand au renouvellement ou non de leur contrat. Pour les parents, le tout est de savoir si la décision d’accompagnement de leur enfant pourra bien être effective à la rentrée suivante mais aussi avec quelle personne elle se fera.

Concrètement, les collègues AESH souhaitent savoir le plus tôt possible si leur contrat va être reconduit, quel.s élève.s ils/elles accompagneront et par conséquent, dans quel établissement ils/elles seront affecté-es. Mais obtenir ces simples informations relève du parcours du combattant, et bien souvent les collègues se heurtent au mutisme de l’administration. Du silence au mépris, il n’y a qu’un pas. Pas largement franchi par l’administration qui avait pourtant promis aux intéressé.es depuis le mois de mai de répondre à leurs légitimes attentes. Mais celles et ceux qui osent insister se voient ignoré-es quand ils/elles ne sont pas purement et simplement vertement rabroué-es pour leur « impatience ».

En ce début juillet, de nombreux AESH sont laissés dans une situation de grande incertitude voire de détresse, situation qui reflète le peu de considération que leur témoigne l’administration. Le manque d’effectif au rectorat est une donnée du problème, l’autre étant le développement de méthodes de management qui font peu de cas de l’humain et de sa situation personnelle. Derrière les missions à pourvoir, il y a des hommes et des femmes qui demandent un minimum de respect et d’informations quant à leur futur, d’autant plus qu’ils et elles sont placé.es par l’institution scolaire dans une précarité subie. Bien loin du ministère de l’Education nationale où M. Blanquer parlait en grande pompe de créer un emploi pérenne à 35 heures avec professionnalisation du métier pour les AESH, la réalité est toute autre pour les collègues concernés. Dans « l’école de la bienveillance » si chère au ministre, le minimum serait qu’elle s’applique aussi envers les personnels qui la font vivre.