Le fonctionnement de la hiérarchie

mercredi 3 décembre 2014
par  Sud Educ Bourgogne
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La commission « prévention des risques hiérarchiques » de Sud Education Bourgogne analyse le fonctionnement de la hiérarchie.

La hiérarchie prend des libertés avec les textes réglementaires par interprétation, imprécision, non-application selon que cela l’arrange ou non. Les méthodes de l’administration : jouer de l’ignorance fréquente des personnels en la matière et de leur inclination à croire la parole de l’autorité. Elle couvre systématiquement les chefs hiérarchiques inférieurs. : un éventuel désaveu relève de l’exception (souvent par promotion). Son objectif principal : c’est surtout « pas de vagues », étouffer tout problème et faire silence sur tous ses dysfonctionnements.

Voici une liste non-exhaustive de ses méthodes :

1) Diviser systématiquement le personnel par :

L’individualisation des relations jusqu’au paternalisme ou la culpabilisation des personnels ;
La distribution de faveurs (organisation du travail favorable, heures supplémentaires…) et la paye au « mérite » ;
Les tentatives pour casser l’action collective en montant les personnels les uns contre les autres ;
L’intimidation et le harcèlement.

2) Rejeter ses propres responsabilités en invoquant :

L’intérêt du service qui devient une notion extensible à l’infini ;
L’intérêt des élèves défini par la seule hiérarchie ;
L’ordre donné par un supérieur hiérarchique ;
L’incompétence d’un subordonné ;
L’épouvantail des usagers (parents, élèves, élus) : leurs propos sont amplifiés ou déformés pour ternir la réputation d’un collègue ;
Le devoir d’obéissance.

3) Exercer une surveillance étroite du personnel :

Par des reproches permanents visant à mettre les personnels sous pression : le reproche des tâches mal faites ou pas dans les temps, le reproche de ne pas se lever dans la seconde à la sonnerie de la fin de récréation pour aller chercher les élèves, le reproche du manque de discipline dans les classes (notion plus que subjective), le reproche d’affirmer ses opinions en invoquant le fameux devoir de réserve qui est censé interdire à tout fonctionnaire de s’exprimer alors qu’il ne s’applique qu’aux fonctionnaires d’autorité, etc.
En favorisant la délation par certains collègues, qui agissent de la sorte par peur ou dans l’espoir d’un bénéfice.
Par l’augmentation du nombre de « petits chefs » : mise en place à venir des Établissements publics d’enseignement primaire EPEP dans le primaire, des conseils pédagogiques dans le secondaire, multiplication des grades (agent chef, maître ouvrier…), expérimentation de la lettre de mission pour les professeurs principaux en Alsace, instauration des préfets d’études, etc.
Par le développement des outils de surveillance participatifs en ligne, les espaces numériques de travail : « cloé », « pronote », véritables « facebook » institutionnels.
Cette surveillance aboutit dans le dossier du fonctionnaire et est ressortie en cas de besoin par l’administration.

4) Utiliser différentes techniques en cas de conflits :

Le/la chef isole le réfractaire : la provocation, l’obstruction, l’incitation à commettre une faute sont autant de moyens employés pour le neutraliser ;
Le/la chef tente de psychiatriser ou médicaliser le conflit afin de rejeter la faute sur le subordonné : celles et ceux qui contestent le font parce qu’ils/elles sont mal dans leur peau, sont dingues, sont excessif-ve-s, paranos, maniaco-dépressifs, etc.
Le/la chef se fait passer pour une victime, renverse les rôles, nie le rapport hiérarchique et fait croire à un simple conflit de personnes : le/la salarié/e ne voit pas la part d’humanité chez son/sa supérieur/e hiérarchique, et refuse de voir que celui/celle-ci agit pour son bien.
Le/la chef fait systématiquement recours à l’inspection.

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