Professeur stagiaire, une entrée difficile dans le métier d’enseignant

mercredi 6 septembre 2017
par  Sud Educ Bourgogne
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« Sois un étudiant consciencieux, ta formation prime sur le reste ! » te prescrit l’ESPE. « Prépare tes cours, fais face aux élèves et assume tes responsabilités dans ton établissement … » te rappelle ta conscience professionnelle.
Comment gérer ce double statut professeur-étudiant, qui implique une charge de travail conséquente et une multiplicité des attentes et des exigences, lorsqu’on débute dans le métier d’enseignant ?

Fonctionnaire stagiaire, un statut schizophrénique

L’ESPE arrive, dans sa lente maturation qui suit la réforme de la masterisation, à un stade où elle ressemble plus que jamais à l’ancien IUFM. Elle en retrouve une caractéristique : les étudiants de Master MEEF, comme hier ceux d’IUFM, sont aussi des fonctionnaires stagiaires.
Chacun de ces statuts comporte ses avantages et ses inconvénients, ses droits et ses devoirs. Mais tout se passe comme si les actuels M2 devaient n’en subir que les inconvénients. Parfois infantilisés au sein des murs de l’ESPE, les voilà, une fois dans leur peau de professeur, des fonctionnaires qui doivent assumer les mêmes responsabilités qu’un titulaire.
Le double discours adressé aux stagiaires par l’ESPE a de quoi les rendre schizophrènes.
D’un côté, étudiants, on les gave de concepts et de pratiques pédagogiques présentées comme les meilleures, sans prise en compte des retours d’expériences critiques ou des alternatives existantes. De l’autre, on les encourage à faire preuve d’initiative, à s’impliquer dans la vie de leur établissement, à monter des projets et surtout à prouver qu’ils sont capables de prendre en charge leurs classes.
Autre exemple révélateur de ce double-statut : les vacances scolaires. Ainsi, lors de la première semaine de la Toussaint, certains M2 sont obligés de venir en cours – selon le calendrier des universités – alors que leur statut d’enseignant leur accorde deux semaines de vacances, nécessaires pour se reposer, préparer les cours et corriger les copies.
On finirait presque par penser que l’ESPE s’adresse aux M2 comme à des fonctionnaires ou comme à des étudiants selon ce qui l’arrange...

Surcharge de travail

Pour les étudiants en M2 de l’ESPE, l’année de stage est semée d’embûches. Ils sont souvent confrontés à une surcharge de travail (cf le double statut). Le travail mené avec les tuteurs (établissement et ESPE) n’est pas comptabilisé comme un temps de travail effectif et la nécessaire présence aux différentes réunions dans l’établissement est également chronophage.
A l’ESPE, les formations – dont l’intérêt sans doute réel n’est pas toujours évident pour les étudiants – demandent également un grand investissement, sans compter le fait qu’elles sont assorties de travaux évalués (ex : projet pluridisciplinaire). Le mémoire vient s’ajouter à cela. Au final, les professeurs stagiaires ont bien du mal à trouver du temps pour préparer leurs cours, ce qui semble pourtant essentiel lors d’un début de carrière.
Le mémoire
→ Obligatoire dans l’académie de Dijon pour valider la titularisation, environ 30 pages mêlant analyse de pratique et recherche
→ Des exigences différentes selon les académies : non demandé, simple analyse de situation de 5 pages, travail approfondi allant jusqu’à 60 pages, etc.

Multiplicité des statuts entre étudiants

Enfin, la multiplicité des statuts entre étudiants crée un grand nombre de situations aberrantes. Entre les M2A, M2B, M2C et autres M2DU, l’ESPE égrène l’alphabet dans sa tentative d’individualiser les parcours. Mais cette ambition initiale se traduit dans les faits par une complexité, un manque de lisibilité de la formation et de ses objectifs et l’individualisation reste en réalité très relative.
Ainsi, les M2A possèdent leur M1MEEF et leur concours de l’enseignement (CAPES, CAPET, CAPEPS) ; les M2B seulement leur M1 mais doivent malgré tout valider leur M2 en espérant obtenir aussi le concours ; les M2C sont déjà titulaires d’un autre master et sont censés bénéficier d’un parcours « adapté », tout comme les M2DU, qui ont déjà un M2MEEF et leur concours, et reçoivent donc une formation encore différente des précédents. Les uns sont seulement étudiants (M2B), les autres étudiants ET fonctionnaires. Certains ont pour objectif l’obtention du concours et / ou la validation du M2, d’autres « seulement » leur titularisation. La charge de travail et la pression qui l’accompagne varient selon la situation de chacun.

Il n’est donc vraiment pas simple d’être fonctionnaire-stagiaire. Pour s’informer sur ses droits et devoirs, pour s’organiser et rompre l’isolement face à la hiérarchie ou l’administration, pour élargir le partage d’expériences professionnelles, se syndiquer, c’est choisir d’être Solidaires.

Vous trouverez dans le guide stagiaires 2nd degré à télécharger ci-dessous toutes les infos utiles concernant votre année de stage (CPE, doc, PLP, CAPES, Agreg...) : formation, salaire, mutations... Les réponses aux questions que vous vous posez et à celles que vous ne vous posez pas...

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Guide Stagiaire 2nd degré

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