Austérité : le Dasen de S&L supprime la formation continue dans le 1er degré ?

mardi 9 juin 2015
par  Sud Educ Bourgogne

Monsieur le Dasen (ex IA) de Saône-et-Loire vient de supprimer les postes de « brigade stages », et de les réaffecter sur des postes de « brigades congés maladie ».
Autrement dit, les professeur-e-s des écoles qui effectuaient des remplacements de collègues en formation seront désormais affectés au remplacement de collègues en congé maladie.
Cela signe l’abandon des dispositifs de formation continue. Certes, dans les faits, les innombrables suppressions de postes d’enseignantEs de ces dernières années avaient déjà contraint à les réduire drastiquement, et à affecter régulièrement les brigades stages sur les congés maladie. Mais avec l’existence de ces postes de remplaçantEs bien spécifiques, il restait au moins une ambition de développer sinon maintenir une formation continue des personnels.
Monsieur le Dasen aura beau jeu de parler de simple fusion, et de dire que ces postes pourront être affectés à tout type de remplacement, personne n’est dupe.
Sur le fond, les services du Dasen se comportent comme de simples comptables au service de la politique d’austérité : celle qui, au nom d’une idéologie libérale mortifère, a conduit à des dizaines de milliers de suppressions de postes, à la dégradation continue des conditions de travail des personnels, aux classes surchargées, aux classes régulièrement sans professeurEs…
Sur la forme, les services du Dasen se comportent comme ces managers d’un nouveau genre, ces petits hommes gris à la Simenon, comme les qualifiait récemment le philosophe Miguel Benasayag dans une tribune du Monde (1) : en effet, avec le plus grand mépris, ils n’ont même pas cru bon de prévenir les collègues concernéEs avant le mouvement, afin qu’ils/elles puissent s’organiser pour préparer leurs demandes de mutations. Cette décision est ainsi parvenue aux collègues pendant les congés de Pâques, alors que le mouvement touchait à sa fin.
La formation continue institutionnelle disparait ? Il reste néanmoins des formations pédagogiques de qualité, certaines hors temps de travail, organisée par des collectifs comme le groupe Freinet 71, d’autres sur le temps de travail, organisée par certains syndicats, dont le nôtre. Nous invitons les collègues à se saisir de ces possibilités de formation, et à utiliser leur droit à 12 jours par an de congés de formation syndicale.

(1) http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/30/halte-aux-methodes-du-neomanagement_1529444_3232.html